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À quand des États généraux pour la Rive-Sud de Montréal? - par Maurice Giroux
À quand des États généraux pour la Rive-Sud de Montréal ?

Alors que plusieurs dossiers majeurs de développement stagnent en attente d'une réponse tant du côté d'Ottawa que de Québec, et dans la foulée de la récente «visite» du ministre Clément Gignac à la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud (voir texte en page 12), il paraît évident qu'à moins d'un sursaut collectif de la part de nos dirigeants politiques et de nos «élites» socio-économiques, la Rive-Sud de Montréal va continuer de stagner et de croupir dans un marécage de rapports, études, documents, rencontres en cachette et vœux pieux pour encore de nombreuses années.

Il semble tout aussi évident que notre classe politique locale, aux trois niveaux de gouvernements, est embourbée dans des luttes éparses, des combats solitaires, des jalousies, des égo-trips de personnalités et un manque flagrant de concertation.

Quand l'un des plus éminents ministres du gouvernement du Québec, après 9 mois de cogitation, vient nous dire en pleine face qu'il devra «parler aux gens de Montréal» avant de pouvoir donner une réponse dans le dossier de la réfection de la piste principale de l'aéroport de Saint-Hubert, il y a de quoi ressentir une grande colère.

Une colère tellement profonde, accumulée au fil des ans et des gouvernements, qu'on ne sait plus dans quelle direction frapper pour découvrir qui sont les vrais coupables d'une telle situation.

Parfois on nous dit tout bas que la Rive-Sud ne vote pas du bon bord, tant à Ottawa qu'à Québec. D'autres disent que la querelle des fusions-défusions nous a été fatale. Certains ont le toupet d'affirmer que la Rive-Sud crie le ventre plein, recueillant par en arrière les retombées de l'économie montréalaise. Durant ce temps Laval et la Couronne Nord sont l'objet de toutes les attentions. Le maire Vaillancourt se lève un matin avec un projet, et déjà les officines gouvernementales se mettent en branle. Le Roi de Laval parle haut et fort, et on l'écoute.

Dans l'ancien régime politique français, on désignait par États généraux les assemblées exceptionnelles convoquées par le Roi pour traiter d'une crise politique, en général une guerre ou une question diplomatique et décider d'une aide militaire ou fiscale. C'était des assemblées des représentants des peuples du royaume, sans aucun rôle législatif ou juridictionnel comme les parlements.

Entre 1966 et 1969 il y a eu au Québec les États généraux du Canada français destinés à renforcir la présence des Canadiens français hors Québec face aux visées centralisatrices du gouvernement fédéral. Il y a eu aussi les États généraux de l'Éducation en 1996. C'est une expression courante signifiant que toutes les forces vives d'un secteur se rassemblent en un seul lieu pour faire consensus, adopter un plan d'action, parler d'une seule voix et engager les batailles nécessaires pour réaliser ses objectifs.

Avec l'élection en novembre dernier de nouvelles équipes municipales, l'agglomération de Longueuil semble maintenant parler d'une seule voix sur plusieurs dossiers. Toutefois, les élus de l'Assemblée nationale et de la Chambre des communes sont absents des discussions en matière de développement local et régional. Il en est de même de la société civile qui travaille seule dans son coin.

Après des années de tergiversations, il serait probablement temps que la Rive-Sud se réveille, forme un front commun et passe à l'action.

Maurice Giroux


MédiaSud souffle ses deux chandelles - par Maurice Giroux
C'est le 17 juin 2008, à l'aurore, que le nouveau portail MédiaSud a été mis en ligne pour la première fois.

Après plusieurs mois d'efforts, de concertation et de péripéties de toutes sortes, naissait enfin le premier site Internet multimédia issu du milieu communautaire.

Le 25 novembre 2008, au Théâtre de la Ville de Longueuil, avait lieu le lancement officiel du nouveau « véhicule », en présence de la ministre de la Culture et des communications Christine St-Pierre.

À cette occasion, une première tentative de diffusion en direct sur le web a permis de constater que tout devenait possible dans le beau monde des communications modernes.

Encore fallait-il que la nouvelle entreprise, financée en grande partie par des fonds publics, soit bien gérée par les partenaires du moment. Malheureusement ce ne fut pas le cas.

Après des mois de tiraillements, dont l'histoire n'a pas encore été racontée, la structure bi-partite a volé en éclats et un gouffre financier est apparu.

C'est de justesse que la chute fatale a pu être évitée. Le 22 septembre 2009 une nouvelle administration était mise en place et le bateau a évité le naufrage au prix d'énormes sacrifices personnels.

Après une interruption de services de quelques jours, nous avons pu consolider la qualité du portail et l'amener à ce qu'il est aujourd'hui : un outil de référence incontournable en information locale et régionale non seulement pour la Rive-Sud mais pour l'ensemble du Québec.

En fait, MédiaSud est devenu, suite à la rupture de ses partenaires, le premier portail multimédias communautaire au Québec

En effet, lors de sa première assemblée générale tenue le 7 décembre 2009, MédiaSud devenait officiellement un organisme communautaire autonome, doté d'un membership significatif dans les circonstances.

Présentement l'organisme est, de facto, reconnu par la Conférence régionale des élus de Longueuil et par la Ville de Longueuil comme étant le 4e média communautaire œuvrant sur le territoire.

La prochaine étape, et sans doute la plus ardue, sera d'obtenir la même reconnaissance de la part du ministère de la Culture et des communications qui l'a aidé à venir au monde en 2008.

Cette reconnaissance aurait pour effet de lui donner accès au Programme d'aide aux médias communautaires du Québec ainsi qu'au placement publicitaire gouvernemental.

Ce serait un beau cadeau d'anniversaire qui serait grandement apprécié.


Faudra-t-il « municipaliser » l’aéroport de Saint-Hubert? - par Maurice Giroux
Dans les milieux juridiques, on se plaint assez souvent des longs délais subis par les parties en cause avant l'audition sur le fond des nombreux litiges qui encombrent les cours de justice.

Mais dans le cas de la requête en injonction des écoles de pilotage pour empêcher DASH-L de réduire les heures de posez-décollez, le délai d'ici à la mi-janvier pour entendre la cause sur le fond ne devrait pas sombrer dans l'attentisme. Tout au contraire, ce temps devrait servir à trouver une solution à long terme à l'imbroglio structurel qui afflige présentement DASH-L.

Certains diront que peu importe l'issue des débats juridiques, - et ils pourraient être longs si l'une ou l'autre partie décodait d'aller en appel, - l'acte de cession de l'aéroport d'une durée de 10 ans renouvelable signé en 2004 entre Transport Canada et DASH-L continuera d'imposer des obligations contraignantes pour le gestionnaire de l'aéroport.

Or celui-ci, DASH-L, semble complètement paralysé par sa forme actuelle de gouvernance qui en fait à la fois un «faux» organisme à but non lucratif (OBNL) au plan juridique et une «fausse» entreprise commerciale au plan économique. Par-dessus le marché, la composition de son conseil d'administration et de son assemblée générale est contraire à toutes les lois du bon sens.

Résumons-nous. D'abord, gérer un aéroport rentable constitue en soi une activité commerciale qui doit dégager des profits. Comme d'autres «faux» OBNL existant au Québec, l'objectif recherché est de faire de l'argent. La seule différence avec une entreprise à profits c'est que ceux-ci ne sont pas redistribués aux actionnaires. Mais leur style de gestion n'a rien à voir avec les organismes communautaires ou charitables.

Ensuite, la Partie III de la Loi des compagnies impose en principe une assemblée générale qui exerce un véritable contrôle sur les nominations des membres du conseil d'administration. Dans le cas de DASH-L, seulement 2 des 11 administrateurs sont élus par l'assemblée générale, ce qui pourrait être déclaré illégal ou inconstitutionnel par un tribunal supérieur.

En effet, les 9 autres administrateurs sont nommés par deux collèges électoraux externes, soit l'agglomération de Longueuil qui en nomme 5 et la Chambre de Commerce et d'industrie de la Rive-Sud qui en nomme 4. En cas de dissidence entre ces deux groupes, c'est le bordel institutionnalisé, comme présentement.

Encore plus absurde, l'assemblée générale de DASH-L possède de par ses règlements de régie interne amendés un membership qui pourrait comprendre à la limite tous les résidants du grand Montréal. De quoi faire les réunions annuelles au Centre BELL.

Alors la question qui se pose présentement c'est de savoir comment donner à DASH-L une gouvernance plus efficace économiquement et surtout plus transparente politiquement.

À notre avis ces deux objectifs ne pourront être atteints sans la «municipalisation» complète de DASH-L, à savoir que tous les administrateurs(trices) de l'organisme devront être nommé(e)s par l'agglomération de Longueuil pour leur compétence en aviation, avec mandat de rentabiliser l'aéroport dans le respect du bien commun de la population. L'assemblée générale actuelle serait évidemment abolie.

Tant qu'à se faire accuser par les écoles de pilotage et par d'autres intervenants économiques, qu'ils soient à but lucratif ou non, de tirer les ficelles au conseil d'administration de DASH-L, - un blâme relevé par le premier juge de pratique, - les autorités municipales feraient peut-être mieux de prendre directement en main le dossier et d'en assumer pleinement l'imputabilité.

D'ailleurs, par ses promesses d'investissements en infrastructures à hauteur de 25 millions$ au cours des prochaines années, la ville et l'agglomération de Longueuil n'ont pas le choix de récupérer l'aéroport de Saint-Hubert.

Finalement, et par pur cynisme, que ceux qui publiquement invoqueraient que la municipalisation requiert à la fois le consentement d'Ottawa (pour des raisons techniques de transfert) et de Québec (pour des raisons techniques de juridiction municipale), aient leur tête mise à prix!


Un conseiller municipal «indépendant» est-il plus vertueux? - par Maurice Giroux
La démission surprise il y a quelques semaines de Jacques Lemire du Parti municipal de Longueuil et celle plus récente de Benoît L'Écuyer en a fait sourciller plusieurs.

Troisième et maintenant quatrième à poser ce geste depuis les élections de novembre 2009, MM. Lemire et L'Écuyer ne font qu'imiter d'autres conseillers municipaux, ceux du Ralliement Longueuil il y a quelques années : deux élus de Greenfield Park ainsi qu'une conseillère de Saint-Hubert avaient quitté le bateau pour rejoindre le PMRS. Rappelons que le conseiller Roger Roy avait ouvert le bal au lendemain même des élections de 2005.

Ces 8 démissionnaires ont en commun qu'ils siégeaient dans l'Opposition. La main sur le cœur, ils ont tous donné comme motif de pouvoir mieux servir leurs électeurs, en sous-entendant qu'ils seraient en meilleure posture pour obtenir des services accrus de la municipalité ou de leur arrondissement.

Une seule différence sépare les deux groupes de démissionnaires : les quatre élus du Ralliement ont finalement adhéré au parti au pouvoir de Claude Gladu, tandis que les quatre démissionnaires du PML semblent tenir mordicus à leur étiquette d'indépendant. Deux d'entre eux ont été nommés au Comité exécutif, mais la «solidarité ministérielle» leur impose de voter à tout coup pour le parti de Mme St-Hilaire.

Où le bât blesse dans toute cette histoire de démissions «diplomatiques», c'est lorsque les premiers intéressés semblent indiquer que leur district électoral souffrira de leur présence au sein de l'Opposition, comme si la Ville ou l'arrondissement se montraient systématiquement injustes dans la distribution des services, des contrats ou des allocations.

De telles suppositions sont extrêmement graves dans une société prétendument démocratique. Elles ne sauraient donc être proférées sans avoir été auparavant bien documentées.

L'argument de «mieux servir ses concitoyens» ne devrait pas servir de paravent à une saine critique du Parti politique que l'on quitte. À l'exception de Monsieur Roy, qui avait laissé entendre que la direction du Ralliement l'avait bousculé au lendemain de sa victoire majoritaire dans son district de Saint-Hubert, tous les autres démissionnaires se sont bien gardés de critiquer leur parti d'origine, ce qui aurait fait avancer la transparence dans la politique municipale locale.

Décidément, la langue de bois est encore bien vivante dans nos mœurs politiques locales et régionales.


Les victimes collatérales - par Maurice Giroux
Il était écrit dans le ciel de Saint-Hubert que la saga des écoles de pilotages allait un jour faire des victimes collatérales. Depuis le rapport du mandataire Steve Flanagan, un flou artistique persistait entre le discours officiel de l'administration St-Hilaire et le réalisme politique et économique de ce rapport. Le silence assourdissant de ce rapport quant à l'avenir des écoles laissait prévoir que l'abcès devait crever un jour ou l'autre.

Le coup de tonnerre (le remaniement au sein du Comité exécutif) et l'éclair qui s'en- suivit (la démission de Michel Latendresse et de Suzanne Charbonneau de Action Longueuil) constituent les deux facettes du même jeu politique.

Dans le cas du vice-président du Comité exécutif, il était devenu évident qu'il ne pouvait continuer à soutenir le rythme en cumulant sa profession d'avocat et ses fonctions politiques et administratives. Le notaire Jacques Goyette doit en savoir quelque chose, lui qui a été pris entre le marteau et l'enclume pour des raisons bien différentes.

Quant à Mme Charbonneau, sa personnalité chaleureuse est devenue à la longue son talon d'Achille au sein du Comité exécutif où des choix déchirants sont venus à bout de ses capacités de résistance. La conseillère est, aux yeux de plusieurs, un exemple typique de l'expression anglaise voulant que « lorsqu'on trouve qu'il fait trop chaud dans la cuisine, il est préférable d'en sortir ».

Ces deux victimes collatérales de l'affaire des petits avions ont toutefois en commun de n'avoir pas pu « intégrer » dans leur agenda politique la conclusion inhérente du rapport Flanagan, à savoir que les écoles de pilotage étaient là pour rester.

En raison de leur proximité, sinon de leur intégration avec le CAPA-L, dont l'objectif a toujours été la mort des écoles de pilotage, ils se retrouvaient entre l'arbre et l'écorce et dans l'impossibilité d'emprunter une voie d'évitement d'une collision frontale avec la mairesse Caroline St-Hilaire.

Transposée à l'échelon d'un conseil des ministres tant à Québec qu'à Ottawa, une telle situation aurait conduit depuis longtemps soit à une démission volontaire des ministres dissidents soit à un déplacement latéral dans une autre sphère d'activité.

Suite à cette crise qui a secoué le Comité exécutif, plusieurs pensent que ce dernier se retrouve dans une position plus homogène et mieux équilibrée. En effet, avec l'arrivée d'un troisième représentant l'arrondissement du Vieux-Longueuil retrouve sa place, alors que dans la première cuvée l'arrondissement de Saint-Hubert était nettement sur représenté.


Gilles Vaillancourt et Nous - par Maurice Giroux
Il existe plusieurs proverbes et adages concernant la bonne conduite des gens dans une société civilisée. Le plus connu dit qu'il ne faut pas se réjouir du malheur des autres. Un autre soutient qu'il faut tendre la joue gauche si un ennemi vous a frappé sur la joue droite. Le plus violent propose tout simplement : œil pour œil dent pour dent.

Dans le cas du maire de Laval Gilles Vaillancourt, les résidents de la Rive-Sud et même de la Montérégie Ouest auraient raison d'avoir une dent contre celui qui en l'espace d'une petite décennie a réussi à obtenir coup sur coup un prolongement de métro de trois stations de métro au coût de 1 milliard et un nouveau pont entre Laval et Montréal d'une valeur de un demi-milliard.

De ce côté-ci du Saint-Laurent, il aura fallu, à la vitesse de l'escargot, attendre plus de 30 ans pour obtenir le prolongement de l'autoroute 30. Pour le réseau routier et le transport en commun, la Rive-Sud a dû se contenter du réaménagement de l'échangeur Taschereau et d'une voie réservée sur le pont Champlain dans l'axe d'une A-10 rénovée. Les gouvernements tergiversent depuis 20 ans sur le SLR du pont Champlain.

Le maire Vaillancourt aura beau dire que la Rive-Sud n'a pas été capable de s'entendre sur les priorités d'action et que les chicanes inter-municipales ont accaparé le gros des énergies de nos élites socio-politico-économiques, mais c'est un peu court. Les ambitions du maire de Laval ont toujours trouvé un écho favorable auprès des gouvernements supérieurs, et certains se demandent encore pourquoi.

En 1992-1993, la Rive-Sud a appris à ses dépens que le monarque de Laval ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Deux ans après avoir obtenu de justesse, grâce à un concours de circonstances, l'établissement de la nouvelle agence spatiale à Saint-Hubert, le maire de Laval réussissait à chiper littéralement le projet d'un camp spatial pour jeunes astronautes caressé depuis des mois par La Cité de l'espace.

Ce groupe avait toute l'expertise pour mener à bien son projet, initié par un professeur de l'école secondaire Brosseau à Brossard. Un camp d'été avait même été organisé à l'école André-Laurendeau, à Saint-Hubert, en collaboration avec la Commission scolaire.

Le conseil d'administration de la Cité de l'espace avait obtenu l'appui de plusieurs organismes de la Rive-Sud, dont la Conférence des maires. Mais a dû attendre durant plusieurs mois les 50 000$ qui avaient été promis par un ministre fédéral conservateur. Cette somme était nécessaire pour réaliser un plan d'affaires à présenter à l'organisme américain qui accorde les licences d'opérations des camps spatiaux, comme celui de la Belgique.

Ne reculant devant rien, le maire Vaillancourt s'est rendu à deux reprises aux États-Unis pour poser la candidature de Laval auprès de l'organisme accréditeur. Selon les témoignages de l'époque, le maire aurait mis en relief les chicanes intermunicipales de la Rive-Sud ainsi que la possibilité de fournir immédiatement un terrain municipal en bordure de l'autoroute des Laurentides.

Mystérieusement les 50 000$ n'ont jamais été versés, la date limite pour déposer un plan d'affaires n'a pas été respectée et Laval a obtenu son Cosmodrome, dont les déboires financiers ont défrayé la manchette.

Développement économique : la Rive-Sud attend toujours des nouvelles du ministre Gignac - par Maurice Giroux
Depuis l'arrivée de l'Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert, rien de très structurant s'est fait sur la Rive-Sud de Montréal. On peut compter sur les doigts d'une seule main quelques grands projets, comme la réfection de l'échangeur A10-Tashereau. Depuis 20 ans, sinon 30 ans, on dirait qu'un mauvais génie règne en roi et maître sur notre région, pourtant considéré comme un quartier de Montréal.

La liste des frustrations est longue : au gré des gouvernements en place tant à Québec qu'à Ottawa, le prolongement de l'autoroute 30 a tourné en rond, le train léger sur rail est resté en gare, la gare intermodale du train de banlieue a été retardée de trois ans, le prolongement du métro est devenu un vœu pieux.

Plus récemment, les lobbies montréalais ne se cachent même plus pour mettre les bâtons dans les roues de projets qui pourraient sortir le grand Longueuil de sa morosité. Ainsi, les Aéroports de Montréal figurent en tête de liste des empêcheurs de danser en rond, car ils ont réussi à empêcher des investissements massifs dans la zone aéroportuaire de Saint-Hubert.

La piste principale n'a pu être allongée ni élargie, ce qui a entraîné le départ du centre d'essai de Pratt & Whitney vers Mirabel. La simple réfection de cette piste est également bloquée, ce qui oblige DASH-L à compter sur les revenus des écoles de pilotage pour boucler son budget.

Un lobby médical

Pour des raisons de surcapacité, le CHUM de Montréal s'oppose aussi à ce que les deux hôpitaux de Longueuil se dotent d'une nouvelle salle d'hémodynamie. Les équipements et les privilèges des médecins montréalais passent avant la sécurité des patients.

Tout récemment, on apprenait aussi que le Quartier des spectacles de Montréal avait exigé et obtenu de Québec que Longueuil ne développe aucun équipement culturel dans la zone du métro. On se demande comment l'Université de Sherbrooke a réussi à s'y implanter malgré les lamentations de Montréal relayées par les médias montréalais.

Tout cela pour dire que la Rive-Sud a besoin d'un choc électrique pour se ressaisir et passer à l'action. Justement, dans sa plate-forme électorale, la mairesse Caroline St-Hilaire avait promis de tenir un sommet économique. Elle dit aussi que 2011 sera l'année du développement économique à Longueuil.

Dans une chronique publiée au mois de mai dans la foulée du passage du ministre Clément Gignac, nous parlions de la convocation des États généraux de la Rive-Sud.

M. Gignac avait promis de rencontrer la mairesse vers la fin du mois d'août. Celle-ci attend toujours le coup de téléphone du ministre.

(NDLR : Puisque le dossier n'a pas bougé d'un iota depuis le mois de mai, nous publions à nouveau cette chronique pour l'entendement de chacun.)


Courage ou témérité? - Maurice Giroux - 19 avril

En faisant la promesse électorale d'empêcher tout développement résidentiel dans le boisé du Parc de la Cité à Saint-Hubert, Caroline St-Hilaire a fait preuve de courage pour certains et de grande témérité pour d'autres. Dans un cas comme dans l'autre, la facture de 15 millions vient de tomber comme une tonne de briques sur son bureau.

Pour sa part, la patronne des Habitations Harmonie, Ginette Paquette, en fait une affaire personnelle, sinon émotive. Elle s'est juré de gagner la bataille contre la mairesse de Longueuil qui la trouve trop gourmande à son goût. Pouvoir empocher 15 millions sur le dos des contribuables en criant «ciseau» semble à première vue démesuré.

Mais comme le soutenait Point Sud dans son édition de septembre 2009, toute cette affaire présente un historique troublant qui n'a jamais été élucidé. Si bien que traîner la Ville de Longueuil devant le tribunal pourrait bien se retourner contre la promotrice.

Selon nous, l'escouade Marteau aurait du pain sur la planche en examinant à la loupe non seulement la transaction immobilière qui a marié Habitations Harmonie à la Ville de Longueuil, mais aussi le cheminement douteux de l'octroi d'un certificat d'autorisation par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, section Montérégie, pour remblayer des milieux humides.

La seule menace de recourir à la police pour éclaircir cette ténébreuse affaire aurait pour effet de refroidir les ardeurs de Mme Paquette et de l'inciter à revenir à la table de négociation avec une attitude moins gourmande quant à un échange de terrains.

Une autre option serait l'expropriation pure et simple du terrain acheté au prix, dérisoire selon certains, de 770 000$, auquel s'ajouteraient tous les frais préliminaires encourus par Habitations Harmonie. On parlerait alors d'une somme frisant le million de dollars, loin du montant spéculatif et abusif de 15 millions réclamé devant le tribunal civil.


Un tel scénario ressemble comme deux gouttes d'eau à celui présentement en cours à l'île Charron, mettant en vedette le promoteur Luc Poirier et ses associés, qui croient encore faire le pactole avec le gouvernement du Québec.

Selon l'expression consacrée, il est toujours difficile de réintroduire le dentifrice dans son tube. Mais en politique tout devient possible quand on conjugue le courage ET la témérité.


L’UPAC à Saint-Hubert? - Maurice Giroux - 15 novembre 2011
Tout comme dans le dossier de l'aéroport, les choses risquent de s'enliser jusque devant les tribunaux supérieurs sans qu'à aucun moment la ville de Longueuil puisse reprendre le contrôle de l'agenda.

Coincée qu'elle se trouve entre une opinion publique qui semble ne pas vouloir lâcher prise et le rouleau compresseur de l'appareil juridique. Pour Longueuil l'incertitude ira grandissante quant à l'issue de ce bras de fer, sans compter les frais juridiques et les dommages quant à sa réputation.

On comprend dès lors que la Ville tente par tous les moyens de trouver une sortie de secours, même derrière des portes closes.

Pendant ce temps, certains citoyens pensent qu'il faudrait sortir de la défensive et passer à l'offensive, car dans ce dossier du boisé du Parc de la Cité toute la lumière n'a toujours pas été faite.

Se basant sur l'enquête fouillée de Point Sud publiée dans son édition de septembre 2009, des citoyens affirment qu'il pourrait y avoir eu collusion, sinon manipulation, tant au niveau du règlement de zonage, des études biologiques, du certificat d'autorisation et de la vente de terrains.

Pour ces citoyens, passer à l'offensive consisterait d'une part à demander à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) d'enquêter sur ce dossier marécageux et d'autre part, à demander à la Ville de déposer une requête en annulation du certificat d'autorisation.

S'il est vrai que le promoteur devra, pour chacun des immeubles résidentiels, creuser 50 pieds dans la tourbière afin d'atteindre le roc, on pourrait conclure que le dossier aussi mérite d'être creusé, ce que ne réussira pas la procédure civile actuelle.

 


Le marécage - Maurice Giroux - 13 décembre 2011
À quelques jours de l’interrogatoire hors cour de la présidente des Habitations Harmonie, Mme Ginette Paquette, l’incertitude plane toujours sur le sort qui sera réservé au petit boisé du Parc de la Cité, dans lequel la construction d’une série d’édifices à condos est toujours prévue. 
Ce terrain marécageux comprenant un ruisseau et deux petits étangs fait beaucoup jaser depuis quelques semaines et on peut même parler d’un marécage politico-juridique dont la Ville de Longueuil veut s’extirper le plus vite possible.  
La Ville se trouve littéralement coincée entre la promesse électorale de sauver complètement ce terrain, qui est pourtant adossé à la rue Geneviève Guèvremont, et un processus judiciaire long et coûteux pour les contribuables.
La question est maintenant de savoir si l’administration St-Hilaire est prête à payer le coût politique d’une reculade face à un entrepreneur aussi entêté et inflexible.
Mais puisque le procès sur le fond n’est prévu que dans un an, rien n’oblige la Ville à précipiter les événements uniquement parce qu’un interrogatoire hors cours a lieu le 16 décembre.
D’une part, cet interrogatoire de la demanderesse par le procureur de la Ville pourrait être retardé. D’autre part, cet interrogatoire pourrait révéler des éléments de preuve favorables à la Ville.
Jusqu’ici, la Ville n’a pas voulu aborder de front certaines circonstances troublantes qui ont entouré la vente de gré à gré au printemps 2009 du terrain aux Habitations Harmonie, alors qu’un autre promoteur était déjà disponible dans le même secteur. L’attribution du certificat d’autorisation a soulevé aussi bien des questions.
Mais au-delà de la question juridique, il faudra que la Ville de Longueuil fasse preuve de transparence pour expliquer le bien-fondé d’un plan B. 
La politique du secret pratiquée jusqu’ici, qui bâillonne un groupe de citoyens, relève plus des façons de faire de l’ancienne administration municipale de Longueuil. 
La nouvelle administration se doit maintenant de faire preuve de courage.

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